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Publié le 4 min

Un baromètre social comme pierre angulaire d’une QVT agile : le cas d’une association bretonne

Dans le cadre de sa politique de santé et Qualité de vie au travail, l’Adapei-Nouelles Côtes d’Armor, une association au service des personnes en situation de handicap ou fragilisées, la Direction des ressources humaines a mis en place un baromètre social. Le but : permettre aux 1400 salariés de s’exprimer sur les sujets qui impactent le plus dans leur vie professionnelle et de mettre en place des actions ciblées par la suite. Ce baromètre illustre l’agilité et l’ouverture dont fait preuve l’association capable d’adapter ses solutions santé et QVT en fonction des nouvelles problématiques rencontrées. Rencontre avec Christelle Herbaut, chargée de Mission RH.

Vous avez mis en place un baromètre social au sein de l’entreprise. Quelle préoccupation majeure a émergé et comment avez-vous adapté vos problématiques santé et QVT ?

Ce baromètre était composé de questions réparties sur 12 thèmes accessibles via une plateforme en ligne. Et c’est le thème de la reconnaissance au travail qui a fait le plus réagir.

Nous avons donc établi un diagnostic interne sur ce sujet auprès de 109 salariés par un prestataire externe et mis en place des formations de co-développement à destination des cadres pour professionnaliser leur rôle en matière de reconnaissance au travail et leur permettre d’échanger sur leurs pratiques.

A la suite du baromètre, nous avons présenté les résultats auprès des salariés via la publication d’un bulletin d’information dédié. Les établissements de l’association se sont ensuite saisis des résultats pour mettre en place des plans d’actions répondant aux problématiques soulevées par le baromètre. Ce projet était porté par un comité de pilotage paritaire.

Mais ce baromètre ne signe pas le début de votre politique de QVT…

Effectivement ! Cela fait suite au premier accord sur les risques psychosociaux que nous avons signé en 2010, nous nous sommes dotés d’un réseau santé composé de 90 salariés et avons mis en place la possibilité de consultation psychosociale. Nous avons également créé en 2013 un comité de suivi prévention santé afin de piloter notre démarche, mis en place des entretiens « retour absence longue durée », des congés supplémentaires pour les pères et le don de jours pour les enfants malades à travers différents accords d’entreprise.

Les problématiques évoluent-elles constamment ?

Oui et il est nécessaire de s’adapter concrètement aux problématiques que l’on rencontre. Déjà en 2018 nous avons fait le constat qu’il y avait beaucoup de licenciements brutaux pour cause d’inaptitude. Et ce, après une seule visite médicale. Nous nous sommes alors interrogés sur la possibilité d’agir en amont de l’inaptitude. Nous nous sommes rapprochés de l’OETH, l’organisme collecteur de l’« Obligation d’emploi des travailleurs handicapés », afin de nous accompagner pour faciliter le maintien dans l’emploi,  les aménagements de poste et les formations pour des reconversions professionnelles. Aussi, pour les personnes en arrêt de travail longue durée par exemple, nous avons mis en place un système de courrier permettant de garder le lien et de faciliter la reprise du travail, et ce couplé avec les entretiens de retour longue absence. Nous avons également missionné des représentants de proximité qui sont des salariés présents sur le terrain, ayant des heures spécifiques dédiées à la veille de la santé des salariés et de prévention de l’inaptitude.


Au fil du temps nous avons fait évoluer notre politique qui était une politique axée sur les risques psychosociaux vers une politique de santé et de QVT, notamment avec la mise en place d’un baromètre social en 2017 pour être à l’écoute des salariés.

En Bretagne, 63% des salariés estiment que l’entreprise s’occupe de leur bien-être contre 56% au national. Quelles conclusions tirez-vous de ce constat ?

C’est plutôt bon signe ! Nous pensons que les actions faites en amont, d’identifier et prévenir jouent un rôle majeur. Les échanges avec les différents acteurs régionaux sont bien plus simples qu’en région parisienne par exemple. Mais il est difficile de se prononcer. Toutefois, les politiques territoriales doivent permettre aux acteurs de s’investir davantage. On voit que le travail avec les acteurs locaux est très important. Il faut miser sur le capital humain en entreprise en partenariat les acteurs régionaux !

De quelle action êtes-vous particulièrement fière ?

Nous sommes très fières d’avoir mis en place une politique de Santé et QVT au sein de notre structure. Nous sommes aujourd’hui outillés d’un comité qui initie les actions à mettre en place et d’un réseau de 65 salariés qui relaient sur terrain les actions initiées par le comité. L’objectif aujourd’hui est de continuer à développer notre politique en partenariat avec tous les acteurs internes et externes concernés.

Quels sont vos prochains chantiers en matière de QVT ?

Nous allons notamment lancer une seconde édition du baromètre social au second semestre 2020 pour pouvoir voir ainsi l’évolution et l’impact de nos plans d’actions par rapport à la première édition.