stress managérial
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Le stress managérial, une situation à risque?

Le stress managérial est un état réactionnel qui accompagne malheureusement de trop nombreux managers chaque jour au travail. Quels sont les profils touchés par ce phénomène et comment les aider à l’éviter ? Quel impact le stress managérial peut-il avoir sur l’ambiance de travail et la pérennité de l’entreprise ?

Le stress, l’ennemi de la santé au travail

Le stress est dû à un déséquilibre entre la perception qu’une personne a des contraintes de son environnement de travail et la perception qu’elle a de ses propres ressources pour répondre à ces contraintes. L’exposition d’un salarié — manager ou non — au stress peut avoir des conséquences sur sa santé et déboucher sur des troubles anxiodépressifs, ou conduire vers un burn-out voire vers des tendances suicidaires.

Le stress fait partie des risques psychosociaux (RPS), au même titre que les violences externes (insultes, menaces, agressions, incivilités, etc.) et les violences internes (harcèlement moral, harcèlement sexuel, conflit, etc.) qu’on retrouve dans les situations de travail en entreprise. Surcharge de travail, intensification du travail ou mode de management peuvent en être la cause. Or, le stress au travail peut engendrer d’autres risques psychosociaux en favorisant l’apparition de violences qui à leur tour augmenteront le stress en entreprise. Les risques psychosociaux sont un cercle vicieux très dangereux pour les salariés comme pour l’entreprise.

Le stress managérial : qu’est-ce que c’est ?

Le stress managérial est un stress qui touche spécifiquement les managers. Il est souvent le fruit d’une mauvaise gestion des ressources humaines, de méthodes de management inadaptées et de changements d’organisation. Parmi les causes susceptibles de favoriser le stress managérial, on peut citer :

  • des contradictions entre les exigences de productivité d’un côté et les exigences de qualité de l’autre par exemple ;
  • des objectifs de réduction des coûts et des délais souvent hors de portée ;
  • l’externalisation des tâches et la menace de délocalisation ;
  • la précarité de l’emploi avec des CDD, des temps partiels, de l’intérim ;
  • les restructurations qui désorganisent l’entreprise ;
  • une obsolescence des compétences due aux nouvelles technologies ;
  • la nécessité d’être constamment joignable, notamment par e-mail sur son ordinateur et par téléphone sur son portable ;
  • la flexibilité des horaires pour tenir compte de la demande.

Le manager comme vecteur de stress dans l’entreprise

Le stress managérial peut avoir des répercussions sur l’ensemble des salariés. En effet, une mauvaise gestion des ressources humaines ou le comportement d’un manager peut avoir des conséquences sur la souffrance au travail des salariés. Le stress managérial peut entraîner une augmentation du taux d’absentéisme avec des arrêts de travail à répétition, un turn-over plus important, un plus grand nombre de dépressions, de troubles cardio-vasculaires et de troubles musculosquelettiques (TMS). Un mauvais management dû à un stress managérial peut aussi provoquer une augmentation des incidents conflictuels au travail entre collaborateurs.

Comment éviter le stress managérial en entreprise ?

Alors que le stress managérial touche de plus en plus de collaborateurs, comment l’éviter ?

Les actions à mettre en place

Tout d’abord, former les managers est essentiel. Il est important de faire émerger le problème du stress managérial, notamment en expliquant ses conséquences tant psychologiques pour les salariés que financières pour l’entreprise. Donner une vue d’ensemble à tous les collaborateurs afin de les impliquer dans le projet de l’entreprise et redonner du sens à leur travail est aussi un axe de travail primordial. En se sentant plus impliqués, les collaborateurs seront plus motivés et ainsi plus productifs.

Mais il convient également de fixer des objectifs tenables et raisonnables. Il faut être réaliste et prendre en compte toutes les contraintes (humaines, techniques, délais) afin d’éviter le sentiment d’échec et la démobilisation qui surgissent quand les objectifs ne sont pas atteints. Enfin, le médecin du travail peut aussi jouer un rôle clé dans la prévention de ces risques psychosociaux. À noter, des groupes de travail dédiés à la prévention du stress peuvent rassembler RH, médecin du travail, managers, chefs de services, membres du CHSCT et délégués du personnel.

Un devoir pour l’employeur

Le stress fait partie des risques psychosociaux (RPS). Or, ces risques psychosociaux étant un danger pour la santé des employés, ils doivent être pris en compte par l’employeur au même titre que n’importe quel autre risque professionnel. En effet, le Code du travail oblige les employeurs à évaluer les risques professionnels et à y remédier. L’employeur a le devoir de procéder à une évaluation du stress managérial si l’entreprise s’y trouve confrontée et de faire diminuer les nuisances psychiques au moyen de mesures techniques et organisationnelles.

Développer le bien-être et la qualité de vie au travail

De plus en plus d’entreprises mettent l’accent sur la QVT, la qualité de vie au travail. Parmi les enjeux de la QVT, on peut citer la reconnaissance des salariés, l’environnement physique de travail, l’intérêt du travail, l’organisation et le management, l’ambiance au sein des équipes. D’après une étude TNS Sofres pour l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (ANACT), 87 % des salariés estiment que l’intérêt de leur travail est lié à la QVT. Pour 84 %, c’est la reconnaissance de leur travail qui l’emporte. Bénéfique pour les salariés, la QVT l’est aussi pour l’entreprise.

En effet, un collaborateur épanoui dans son travail sera plus productif. Un marché gagnant-gagnant, donc.

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