BLUE FACTORY
Publié le 3 min

Blue Factory, l’incubateur qui forme les startupers à prendre soin des vulnérabilités de leurs salariés

À la tête de l’incubateur de la grande école de commerce ESCP Europe depuis onze ans, Maëva Tordo dispose d’une position privilégiée pour observer l’évolution de la gestion des vulnérabilités des salariés dans le monde des start-up. Entrevue avec la directrice de la “Blue Factory”, qui explore au quotidien un sujet devenu central pour les jeunes pousses.

Qu’est-ce que la “Blue Factory” ?

La “Blue Factory” est l’incubateur de l’ESCP Europe. Il s’adresse aussi bien aux étudiants en cours de formation qu’aux anciens élèves, même plusieurs années après leur diplôme. L’idée est de mettre en place des programmes d’accompagnement à la création et au développement de jeunes entreprises. Et cela quelque soit la maturité du projet. « Start » pour les embryons, « Seed » pour la mise en œuvre et « Scale » pour l’accélération business. C’est un incubateur généraliste, conduit avec des mentors en interne et des partenaires extérieurs.

Comment choisissez-vous les projets ?

Cela va sans doute vous paraître étrange à première vue, mais ce n’est pas tant l’idée qui compte que… la personne. Ou, plus exactement, le fait qu’il y ait une fine cohérence entre l’entrepreneur et son sujet. Car, après onze ans à la tête de la “Blue Factory”, je peux vous dire que la bonne idée sera toujours portée avec plus de conviction et de réussite si elle vient d’une situation vécue par l’entrepreneur. Par ailleurs, on choisit plutôt des projets qui ont trait à l’innovation et à l’intérêt général. Pas nécessairement intrinsèquement liés à l’ESS (économie sociale et solidaire), mais qui porte en tout cas la valeur collective.

Pendant le programme d’accompagnement, le sujet des fragilités en entreprise est-il abordé ?

Oui, c’est quelque chose que nous avons mis en place récemment avec notre partenaire Malakoff Humanis. La plupart du temps, les entrepreneurs ont moins de 30 ans et n’ont pas encore été confrontés à la question. Cela ne fait donc pas partie de leur ‘scope’, surtout au début de l’aventure entrepreneuriale. Pourtant, il nous a paru important de les alerter et de les préparer à ces sujets en tant que managers. Pour l’instant, on fait surtout du coaching individuel, mais on aimerait être plus proactif. C’est une réflexion que nous sommes en train de mener.

Recevez-vous des projets d’entreprise centrés sur le sujet des fragilités ?

La première année, nous avons sélectionné deux projets : Noö Family, plateforme d’accompagnement des parents solo et MyTeamily devenu The Caring Company, monté par un frère et une sœur aidants, pour donner des outils aux services RH des entreprises sur les enjeux de cet accompagnement particulier.

En 2020, nous avons retenu, non pas deux, mais trois projets : Time2Start, un incubateur pour entrepreneurs « fragiles » et/ou en reconversion, May, une application mobile pour aider les jeunes parents et enfin Toodey, une solution permettant à ses utilisateurs de bénéficier d’avances sur salaire, tout en profitant de conseils pour mieux épargner et placer leur argent de façon responsable.

Quels sont les dispositifs que vous aimeriez mettre en place à l’avenir ?

Ces entrepreneurs-là sont encore plus investis que les autres et souvent très touchants. Surtout, ils portent des projets qui répondent particulièrement finement à la dimension responsable et d’intérêt général que nous mettons en avant.
C’est pourquoi nous souhaitons en plus de ce programme, mener aujourd’hui une réflexion avec des entreprises de maturité « Scale » sur ces sujets. La prise de conscience doit être collective et la plus large possible.

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