port du masque obligatoire
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Port du masque obligatoire et protection santé : comment les petites entreprises s’adaptent?

Depuis le 1er septembre, le port du masque en entreprise est obligatoire. Face à ces nouvelles directives, les patrons de TPE adaptent leur gestion, leur communication et rassurent leurs employés, parfois angoissés. Regards croisés de deux patrons qui mettent la protection de la santé de leurs salariés au coeur de leur priorité.

Gérer les coûts supplémentaires

Imposés à tous dès la rentrée de septembre, les masques posent d’ores et déjà sur la table la question financière pour les chefs d’entreprise. Pour la protection de ses 8 salariés, Matthieu Dourdan, CEO de Sep production, société spécialisée dans la production et la logistique technique dans l’événementiel a dû prévoir un budget allant de 2 500 à 2 800 euros de dépenses mensuelles : « Je fournis un kit complet à mes collaborateurs, composé de gel hydroalcoolique et de masques, confie-t-il. Selon le type de missions et leurs difficultés, nous adaptons le type de masque, de chirurgicaux à FFP2 ».

A l’heure où cet investissement peut sembler faible, il est toutefois fait pour durer, et peut être lourd au moment où le secteur de l’évènementiel est en difficulté.

« Le seul regret que nous avons vis-à-vis de cette situation c’est que l’on nous impose encore une fois quelque chose, sans nous aider derrière. On se sent abandonnés. »

« Il existe des aides pour les dépenses à hauteur de 50 % de l’investissement hors-taxes, mais pour cela il faut acheter des fournitures dont je n’ai pas besoin, comme une vitre en plexiglas. Je ne veux pas acheter ces choses juste pour toucher de l’argent », déclare avec fatalité le chef d’entreprise, avant d’ajouter : « Mais il faut rester positif, surtout avec son équipe ».

Un discours sain pour un corps sain

« Occupez-vous du sens et les mots s’occuperont d’eux-mêmes », disait Lewis Carroll. Une citation devenue une maxime pour Chantal Morvan, CEO de Filkom, plateforme de secrétariat mutualisé, basée à Aubagne : « Je prêche la pensée positive ! », s’enthousiasme-t-elle.

« Les bonnes ondes sont importantes. Nous travaillons dans des bureaux partagés avec des médecins où nous avons dernièrement fait face à une augmentation du flux et donc de malades. Mes huit salariés étaient très stressés, confie-t-elle. J’ai préféré les mettre à nouveau en télétravail ».

Cette rentrée masquée est bien entendu très loin d’être sereine. « Il faut penser à tout, déclare Matthieu Dourdan. Nettoyer plus souvent, faire des rappels par mail pour que les salariés n’oublient pas les automatismes. Et rassurer. Les mots sont importants à l’heure où les moments conviviaux, les échanges à la machine à café ou en voiture sont limités par le masque », avant d’ajouter : « Il faut être de bons conseils, écouter et insuffler de la positivité ».

Faire des efforts pour le bien de tous

A l’heure où 24% des clusters se forment en entreprise et que les échanges se réduisent, va-t-on vers une disparition de l’esprit d’équipe ? Une diminution de la productivité dû au stress ?

Pour Matthieu Dourdan, l’état de santé de son secteur est à l’origine du stress. « Je dis à mes équipes qu’il faut faire un effort, sans cela, la remontée sera plus lente. Il faut que l’évènementiel puisse reprendre en toute sécurité, comme le travail des salariés. »

Pour Chantal Morvan, la perte se place du côté du temps de travail. « Le stress des employés s’est manifesté sur le temps de travail. Ils ont demandé plus de temps à consacrer aux appels. Nous sommes dans le secteur médical, les personnes au bout du fil sont également stressées mais aussi plus tolérantes. Mais cela pèse sur les salariés. Je leur conseille de pratiquer la méditation, nous échangeons beaucoup de manière informelle via WhatsApp, et je passe les voir à leur domicile une fois par semaine pour ne pas perdre le contact ».

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