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Podcast avec Laëtitia Vitaux : La confiance dans l’entreprise à l’épreuve de la crise

Selon l’étude internationale Worklife 2020 réalisée par la société d’investissement et d’études ITWP, 65 % des répondants font confiance à leur entreprise pour prendre de bonnes décisions pendant cette crise. Toutefois, la France se situe en-deçà, avec seulement 58%.

A l’heure de la reprise progressive du travail dans les entreprises, comment rétablir les relations de confiance entre le manager et son équipe qui ont été mises à l’épreuve de la distance ? Réponse avec Laetitia Vitaud, essayiste spécialiste des questions sur le futur du travail et rédactrice en chef de Welcome to the Jungle.

La crise, miroir des défaillances et des forces

Selon une enquête réalisée en avril 2020 par Welcome to the Jungle, 50 % des télétravailleurs déclarent avoir envie de changer d’employeur. Ce chiffre monte à 65 % pour les salariés en chômage partiel. « La crise est d’abord une épreuve du feu, un moment de vérité qui révèle les failles de l’orgueil des organisations, de la relation entre les individus et entre les employés et les employeurs, les problèmes sous-jacents, le degré de protection, le manque de confiance », analyse Laetitia Vitaux, sans pour autant oublier les côtés positifs : « A l’inverse, les forces d’une organisation sont aussi amplifiées », ajoute-t-elle.

La confiance, motrice des nouvelles pratiques managériales

La crise de la Covid-19 a eu un impact majeur sur le management, les managers et les salariés. La crise a-t-elle suscité de nouveaux questionnements ?

Tout d’abord, le relationnel. Dans une tribune écrite pour actionco.fr, Hervé Aulner, directeur commercial chez le groupe La Poste insiste : « Les interactions doivent être de pairs à pairs et surtout pas de « chef » à « collaborateur » ». Une idée que partage Laetitia Vitaud en particulier en période de crise : « Tout le monde s’est montré avec sa vulnérabilité, dans son intimité, dans son domicile. Cela a parfois été un révélateur ou en tout cas un grand moment d’amplification de la confiance ». Et les managers ont été en première ligne : « beaucoup ont été amenés à prendre des décisions ou créer des nouveaux rituels, des nouveaux moments pour cimenter la confiance », indique Laetitia Vitaud.

Ni surveillance ni infantilisation

Les outils collaboratifs sont devenus la norme dans le quotidien des salariés télétravailleurs. Mais la technologie peut porter atteinte à la relation de confiance. « Il y a des employeurs qui utilisent des logiciels de surveillance à distance très populaires où il est possible d’effectuer des captures d’écran de ses employés, de faire des classements en fonction du temps passé sur les réseaux sociaux. Il ne faut pas oublier que les outils numériques sont des outils qui permettent aussi une surveillance de masse. », indique stupéfaite la rédactrice en chef.

Même si ces pratiques de surveillances ne sont pas légions, elles posent les limites de la confiance entreprise. Et attention à l’infantilisation prévient Laetitia Vitaux.

« Nous sommes face à des risques et des problèmes sans précédent. Il ne s’agit pas de masquer les choses. Il s’agit d’avoir un discours, un discours honnête, clair et de vérité, de traiter les salariés comme des adultes responsables. Non seulement ils sont prêts à entendre des vérités qui peuvent faire mal, mais en réalité, ils le veulent. »

Pérenniser les bonnes pratiques ?

La question de faire perdurer les bonnes pratiques se pose dès maintenant. Toujours selon Laetitia Vitaux « Que va-t-on pérenniser ? Généraliser ? Comment envisage-t-on l’apprentissage de demain ? Car la crise sanitaire n’est pas terminée. Mais il est encore un peu tôt pour voir ce qu’il en restera ». Les managers, dirigeants et salariés sont amenés à se poser ces questions, à l’heure où tout s’accélère. Un conseil récemment prodiguer par de nombreux acteurs, comme Claude Monnier, directeur des ressources humaines chez Sony Music France.

Une chose est sûre pour les salariés : la confiance vaut la peine… de s’engager !

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