le choc des générations et covid-19

Millennials vs Boomers, le choc des générations devant le retour en entreprise

Il faut que jeunesse se fasse… au bureau ? Depuis le déconfinement et les nouvelles mesures sanitaires en entreprise, les salariés de toutes les générations sont rappelés au sein des locaux. Même si le télétravail est toujours conseillé par les pouvoirs publics, une génération se démarque dans ce retour au bureau : les moins de trente ans. Pour quelles raisons ? Analyse et décryptage !

Réalisée entre décembre 2019 et juin 2020, une enquête HappyIndexAtWork indique que la motivation des salariés a légèrement augmenté en un an, et ce même lors du confinement. Et pour cause, 68 % des salariés se disent motivés et même heureux au travail. Du côté des moins de 30 ans, le résultat est à souligner : ce même pourcentage monte à 72 %. Soit près de trois jeunes sur quatre.

Quitter ce logement que je ne saurai voir

Selon un rapport de l’Insee, la jeunesse se divise majoritairement en deux sous-catégories et révèle une tendance majeure : la problématique du logement. Selon l’institut, « les jeunes Franciliens, âgés de 18 à 34 ans, quittent de plus en plus tardivement le domicile de leurs parents. Et se trouvent en première ligne des problèmes de logement », ils évoluent parallèlement à la seconde catégorie vivant seule dans un logement, généralement petit et meublé par le propriétaire. Une vision confirmée par la publication, L’accès au logement autonome pour les jeunes, un chemin semé d’embûches, signée Emmanuelle Maunaye, Maîtresse de conférences en sociologie à l’IUT de Rennes.

La jeune génération demande à revenir sur site « car ils ont passé, pour la plupart, le confinement dans un petit studio. Avec l’avènement du télétravail, beaucoup préfèrent revenir travailler au bureau. C’est une question d’espace », analyse Cédric Russo, senior brand experience manager chez Suntory, « mais attention, il y a également une raison plus structurelle », tempère-t-il, .

Une obligation « senioriale » ?

Si la jeunesse cristallise autour d’elle l’image de télétravailleurs invétérés, il en est autrement dans la pratique. Selon un article du Monde autour d’une étude de Corona-Work, « 14,5 % des télétravailleurs interrogés refusent de continuer le télétravail, et 20,6 % font partie de la génération 18-29 ans. Les plus jeunes, que l’on aurait pu croire plus adeptes du télétravail car désireux d’être libres de s’organiser et aguerris au numérique, réclament leur bureau. Ce pourcentage monte à 28,7 % pour les jeunes célibataires et à 36,1 % pour les jeunes femme ».

Une raison est ébauchée par le journal, « le besoin d’être en relation avec les autres et avec son manager, alors que l’on commence sa carrière professionnelle ».

Une analyse que rejoint Cédric Russo : « En effet, une grande partie de cette jeune génération occupe un poste de junior. » ajoute-t-il.

Ces jeunes salariés ont besoin d’être au contact de leur manager pour grandir et acquérir de nouvelles compétences. Et puis, n’oublions pas que de nombreux managers, présents au bureau, demandent aux juniors de revenir sur place car gérer ses ressources à distance reste parfois complexe.

Cédric Russo, senior brand experience manager chez Suntory,

Confiance en l’entreprise, méfiance de la conjoncture

Bonne nouvelle pour les entreprises, la génération en poste est heureuse au travail. Toujours selon l’étude HappinessIndexatWork, les jeunes sont « les plus heureux et les plus confiants en leurs entreprises et leurs dirigeants en ces périodes troubles (75 %, versus 70 % en moyenne pour l’ensemble du panel) ».

Malgré ce bonheur affiché, la question de sens refait surface. Selon un sondage YouGov, depuis le début de la pandémie, 55% des Français réfléchissent au sens et à l’utilité de leur travail. Ce chiffre monte à 61% chez les 18-24 ans.

Parallèlement à ce questionnement, 25% des jeunes changent d’orientation, selon une étude de Jobteaser.  C’est ce qu’explique Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance, une start-up spécialisée dans la reconversion.

Il y a surtout deux types de population qui veulent se reconvertir depuis le début de la crise : ceux qui sont à la recherche de sens ou d’utilité sociale et ceux, c’est nouveau, qui ont peur des licenciements économiques et qui cherchent à se réorienter vers d’autres secteurs.

Ludovic de Gromard, cofondateur de Chance,

Pour synthétiser l’ensemble de ces éléments et retours d’expérience :

Les jeunes reviennent donc plus facilement dans les locaux de leur entreprise, pour les multiples raisons évoquées, tout en cherchant parallèlement à trouver un emploi correspondant au mieux à leurs attentes. Et de retrouver, quoi qu’il arrive, le chemin des open spaces.

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