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Le Confiné Libéré avec Julia de Funès : « C’est la menace qui crée du collectif dans l’entreprise »

Dans cette nouvelle chronique du Confiné Libéré, David Abiker interviewe Julia de Funès, philosophe et essayiste qui explique comment la crise a démontré qu’on pouvait travailler autrement et que c’est finalement à travers le risque qu’un collectif parvient à se mobiliser.

Julia de Funès est philosophe et intervient souvent dans les entreprises. Elle s’est retrouvée dès le confinement avec une rémunération à zéro. Peu importe, le confinement a peut-être été l’occasion de réfléchir sur le sens du travail. Mon job est-il utile ou pas ? vital ou non? Est-ce que je l’aime ou pas ? telles sont toutes les interrogations qui ont du traverser l’esprit de nombreux salariés en télétravail forcé ou en chômage partiel. Et puis, il y a cette envie de liberté qui s’est retrouvée au centre des réflexions.

Au pouvoir qui protège, Julia de Funès oppose le bio-pouvoir dont les Français ont eu raison de se méfier en interrogeant la notion même d’autonomie et de liberté. Sur le monde d’après, ses ruptures et ses changements, la philosophe estime qu’il y a un réflexe utopique, de protection. Or, ce qu’on voit à présent c’est que plus on déconfine, plus on revient au monde tel qu’il était avant la crise. Néanmoins, aux sceptiques, elle rétorque que ce qui peut changer ce sont nos idées, notre manière de nous remettre au travail, nos représentations.

Pour Julia de Funès, la crise a démontré qu’on pouvait travailler autrement. Elle estime que le collectif dans l’entreprise s’est bâti autour d’une menace. La performance n’a jamais servi à mobiliser un collectif. C’est le risque et l’action qui fabrique la cohésion.

Et s’il fallait relire un philosophe pour penser le confinement ? Elle conseille les Essais de Montaigne traduits du vieux en nouveau français. Sur la plage alors…

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