Publié le 2 min

Le Confiné Libéré avec Jacques Attali : « L’entreprise de demain risque d’être une juxtaposition de mercenaires narcissiques. »

Pour cette dernière chronique du Confiné Libéré, David Abiker interviewe Jacques Attali, président de Positive Planet et essayiste, sur sa vision de l’entreprise d’après qui risque de devenir une « juxtaposition de mercenaires narcissiques » privés de sentiment d’appartenance à un collectif de travail. Dans cet entretien, l’ex conseiller de François Mitterand livre également des conseils pour parvenir à surmonter la crise économique qui s’annonce.

Il y a quelques années, Jacques Attali, président de Positive Planet , essayiste, ancien conseiller du Président François Mitterrand, redoutait que l’entreprise ne devienne une « juxtaposition de mercenaires déloyaux ». Il a vu dans le confinement les bénéfices du télétravail et l’accélération de changements dans l’entreprise. Mais il y voit aussi un futur dont il faut se méfier avec une entreprise qui risquerait de devenir une « juxtaposition de mercenaires narcissiques ».

Qu’entend-il par « mercenaires narcissiques » ? Cette idée qu’avec le télétravail, les individus se recroquevillent, par écran interposé, sur leur petit univers sans plus éprouver le besoin ni l’envie de se retrouver dans un espace collectif de travail. Pour Jacques Attali, le plus important dans l’entreprise, c’est la machine à café. Et, la perte du sentiment d’appartenance est, à ses yeux, bien grave.

L’essayiste poursuit sur l’impact social et économique de cette crise sur la classe moyenne et sur la hiérarchie des rémunérations qui pourrait être revue au profit des salariés restés en première ligne et non « planqués derrière leur bureau » comme ont été, malgré eux, les cols blancs. Jacques Attali envisage aussi une société de surveillance et nous annonce l’avènement des réunions virtuelles où les technologies surveilleront et mesureront le degré d’attention des participants.

Quant au rôle de l’Etat, Jacques Attali estime que la start-up Nation est devenue une sorte de « sovkhoze » qui a collectivisé l’économie. Il tâcle aussi les entreprises de la nouvelle économie qui promettaient des prodiges médicaux. Elles n’ont pas été au rendez-vous des défis scientifiques du Covid-19.

Dans ce monde nouveau, Jacques Attali donne quelques conseils à la portée de tous :

  1. Bien utiliser son temps,
  2. Se respecter et se faire respecter,
  3. Ne rien attendre des autres,
  4. Se rendre compte qu’on est unique et travailler son unicité en faisant ce que personne d’autre ne peut faire à notre place.

Et l’entreprise ? Comment réussira-t-elle à s’en sortir ? En se posant ces 4 questions : est-elle durable

  • économiquement
  • socialement
  • écologiquement
  • sur le plan de la gouvernance?

Si l’entreprise répond positivement à ces questions, elle s’en sortira.

Enfin le manager de demain ? Quel est son profil ? Ce sera un animateur d’équipe, un révélateur de talents, un chef d’orchestre en quelque sorte.

Jacques Attali publie ces jours-ci l’Economie de la vie chez Fayard.

Vous allez aimer