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Le Confiné Libéré avec Fanny Lederlin : « Petit éloge du bricolage face au télétravail standardisé »

Dans cette nouvelle chronique du Confiné Libéré, David Abiker interviewe Fanny Lerderlin, philosophe et essayiste, auteure des Dépossédés de l’open space. Cette dernière a vu dans le confinement, l’opportunité de réfléchir sur le sens et l’importance de la liberté dans le travail. Néanmoins, avec ce retour à la vie normale, elle se méfie de la réapparition du « travailler plus », de la recherche de la rentabilité à l’oeuvre dans la réduction des surfaces de bureau mais également du risque de perdre l’indépendance gagnée avec le télétravail.

Fanny Lederlin a passé 15 ans dans la communication puis s’est mise à la philo. Elle prépare une thèse sur le travail. Cela explique peut-être la virulence de sa critique passionnante du monde du travail développée dans un essai paru juste avant le confinement aux PUF et intitulé « Les dépossédés de l’open-space ».

Elle y dénonce quatre travers du travail moderne : le productivisme, la désocialisation par le travail, la dégradation de notre rapport au monde dans sa dimension écologique notamment et enfin, la perte de subjectivité et de créativité.

Mais le confinement a justement permis de suspendre l’action pour entamer un travail de réflexion. En effet, pour les salariés mis en chômage partiel, l’arrêt du travail a permis de réfléchir à leur travail. Les télétravailleurs ont quant à eux pu réaliser l’importance de la liberté dans le travail. Pour autant, l’avenir est moins rose. La philosophe entrevoit dans ce retour à la vie normale, la réémergence du « travailler plus » avec la tentation toujours plus grande de rechercher la rentabilité dans la réduction des surfaces de bureau et une perte d’indépendance accrue via une porosité plus forte entre vie pro et vie perso et un contrôle plus prégnant sur le télétravail.

Fanny Lederlin fait donc en contrepied un éloge appuyé des vertus du bricolage, activité manuelle qui ressuscite selon elle les vertus d’un travail à visage humain, où l’on fait ce que l’on peut avec les moyens du bord et où ce sont les moyens (outils, matières, voisins) qu’on a autour de soi qui justifient les fins. Et pas l’inverse comme le fait le capitalisme qu’elle a dans le collimateur, où la fin justifie souvent les moyens.  

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