médecine du travail, relais de prévention
Publié le 3 min

La médecine du travail, un relais de prévention incontournable

A l’heure où partenaires sociaux et acteurs du monde de l’entreprise discutent du prochain projet de loi sur l’organisation du système de santé au travail, deux questions se posent : comment travaillent-ils ensemble et quel est l’avenir de la santé au travail et le rôle de la médecine du travail auprès des DRH ? Entretien avec Philippe Rolland, directeur général du service Interentreprises de Santé au Travail (SIST) de Narbonne.

Vers une médecine du travail réhabilitée

Pour la plupart des salariés et dans l’imaginaire collectif, la médecine du travail se résumait souvent à une visite d’aptitude en début de contrat. Quant à la santé au travail, elle s’illustrait seulement par des posters collés dans les couloirs de l’entreprise et des conseils pour mieux se positionner devant un ordinateur. Mais voilà, la Covid-19 est arrivée et a renversé la table.

« Avec la montée de l’anxiété, du virus, de la peur de contamination ou encore les questions que peuvent se poser les dirigeants et DRH, la médecine du travail et la santé au travail sont aujourd’hui à nouveau considérées », confie Philippe Rolland.

Les entreprises et les salariés font face à un défi quotidien qui n’existait pas avant. La crise sanitaire a concrétisé le principe même de prévention, indique le directeur général du SIST narbonnais : « La crise du Coronavirus montre que notre univers n’est pas si abstrait. La prévention en entreprise n’est pas si éloignée des réalités. Finalement, le virus a remis ces choses en place ».

Mais comment cela se concrétise-t-il sur le terrain ?

Un relais de prévention sur le terrain

« Nous  sommes des relais de prévention qui agissons sur le terrain.», lance Philippe Rolland. Et pour cause, explique-t-il, « le rôle des SIST et des médecins du travail est d’accompagner et de donner des clefs aux services compétents grâce à la prévention et à l’action ».

Pour les 36 000 salariés sous la chape du SIST de Narbonne, l’organisme fait d’abord face à différentes typologies d’entreprises. « Les grandes entreprises n’ont généralement pas besoin d’aide. Nous intervenons beaucoup auprès de petites structures, (TPE et PME) qui représentent 80 % de nos adhérents.

Pour ces entreprises, nos interlocuteurs sont les dirigeants eux-mêmes. Ce sont eux qui gèrent la prévention santé dans leur entreprise. Nous pilotons un plan d’action adapté à leurs besoins avec la mise en place de modules de formation et les aidons à rédiger le document unique des risques professionnels.

Depuis le début d’année, Philippe Roland a constaté une augmentation considérable des demandes d’accompagnement de la part des entreprises. Mais une fois accompagnées, quelles orientations donnent-elles en matière de santé au travail ?

Demain, une médecine du travail pro active

Pour Philippe Rolland, « le monde des idées ne communique pas avec le monde du comportement ». Une manière de dire que le comportement humain n’épouse jamais les bons gestes : « On ne fumerai pas sinon ! », ajoute-t-il. Alors que faire ?

« Pour moi, l’avenir de la santé au travail réside dans notre présence pro active. Nous devons dépasser notre rôle de simples messagers dans les entreprises. Notre mission pour les prochaines années : aller vers davantage d’accompagnement dans l’acte de « faire » et mettre en place une politique de réduction des risques en continue. »

Être présent pour ne plus perdre en considération et expliquer : « Il faut toujours expliquer. Expliquer les bases, donner les mêmes conseils. C’est nécessaire », conclut-il. Autrement dit, comme dirait Shakespeare : « Le sage ne s’afflige jamais des maux présents, mais emploie le présent pour en prévenir d’autres. »

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