Diagnostiquer pour mieux personnaliser
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Diagnostiquer pour mieux personnaliser : le pari d’une association savoyarde pour améliorer la QVT de ses salariés

A la tête d’une association de 56 salariés, accompagnant adultes et jeunes handicapés, Monique Deville, directrice de l’APAJH73 à Cognin en Savoie, a investi le champ de la QVT depuis 2016. Elle en décrit aujourd’hui les actions de prévention et les outils de diagnostics mis en place pour faciliter le quotidien de ses salariés et améliorer leur santé et bien-être au travail.

Quels enjeux en matière de QVT rencontrez-vous aujourd’hui, et quelles solutions avez-vous mis en place pour y répondre ?

Le bien-être de nos salariés a toujours fait partie de nos préoccupations. En 2016, nous avons voulu aller plus loin en lançant officiellement notre politique de QVT. Même si cela se fait naturellement au quotidien avec les instances représentatives du personnel, inscrire sur le long terme cette démarche dans la stratégie de l’association a permis de donner un nouvel élan. Nous avons, ainsi, mis en place des référents par secteurs pour mieux faire correspondre les actions aux besoins de nos employés. En effet, nous avons plusieurs catégories de salariés. Certains travaillent en horaires décalées et d’autres non. Les actions destinées à nos salariés diurnes ne sont pas forcément applicables aux surveillants de nuits ou à nos éducateurs.

Au-delà de ces enjeux, se pose la question du financement. Nous sommes une structure à but non lucratif et les budgets sont resserrés. Il faut essayer de rentrer dans l’enveloppe. Mais il reste que c’est surtout en transformant notre relation au travail que nous parvenons à faire de la prévention.  Nous avons donc mis en place des horaires de travail flexibles, du télétravail pour les cadres, l’instauration d’une journée annuelle des salariés autour du stress, de l’absentéisme ou encore de la santé.

Avec quels bénéfices sur vos employés ?

Ils ont beaucoup apprécié les transformations qui les concernent directement. Comme la création d’espaces de détente pour faire une pause dans la journée, la livraison de colis personnels sur le lieu de travail pour leur faciliter le quotidien, le coaching et l’analyse de pratiques pour gérer certaines situations difficiles au travail, et aussi la journée annuelle dédiée au bien-être.


Nos salariés se sont sentis accompagnés, par la direction mais aussi par leurs instances représentatives. Car il est important que les initiatives ne soient pas uniquement descendantes.
 

Vous avez mis en place un suivi par des outils de prévention. Comment vous ont-ils permis d’avancer sur vos problématiques ?

Nous misons beaucoup sur ces outils d’analyse et de prévention. En interne, par exemple nous avons un logiciel qui permet d’avoir un suivi personnalisé des problématiques particulières des salariés, des accidents et aussi de leurs retours à l’emploi après des arrêts longs. Ces outils de suivi leur permettent d’être plus autonomes. Concernant les outils de Diagnostics absentéisme et santé, ils nous donnent des indicateurs qui nous permettent de sensibiliser les salariés par une communication régulière lors de réunions, d’informer et d’associer le CSE, de mettre en place des actions de prévention, conjointement avec les salariés, afin de diminuer les risques, mais aussi de leur simplifier la vie.

Vous avez mis en place le télétravail pour les cadres. Dans la région Grand Est 67% d’entre eux consultent leurs mails professionnels le soir ou le week-end contre 52% au niveau national. Quelles conclusions tirez-vous de ce constat ?

Nous avons abordé la question du télétravail lors d’une réunion annuelle au cours de laquelle nous avons décidé que les cadres ne devaient plus répondre à leurs mails après les heures de travail. Il m’est arrivé de voir des réponses de mail à 23h en semaine, et ce n’est pas possible. Nous avons donc mis cette règle en place. Libre à eux de répondre ou non.

Les données récoltées grâce au Diagnostic Absentéisme et au Diagnostic Santé et QVT permettent de mettre en place des actions de prévention ciblées, de diminuer les risques et de simplifier le quotidien de nos salariés.

De quelles actions êtes-vous particulièrement fière ?

Nous avons créé un spectacle pour ouvrir l’établissement vers l’extérieur. Nous travaillons avec un public en situation de handicap, souvent stigmatisé, et le fait d’organiser ce spectacle dans une salle publique et ouverte à tous a été un moment extraordinaire. L’organisation du spectacle a vraiment fédéré les salariés. Il y a eu une émulation générale, pour la partie des employés concernés.

L’autre action concerne le plan organisationnel.  Je suis très fière d’avoir créé un poste de RQSE (responsable qualité sécurité et environnement). Ce n’était pas gagné au départ car cette nouvelle fonction n’était pas considérée comme très utile. Aujourd’hui, son rôle est nécessaire pour obtenir des indicateurs sur le bien-être au travail, le taux d’absentéisme et le taux d’accidents du travail. Ces données permettent ainsi d’expliquer aussi pourquoi certaines décisions sont prises. Et les salariés y sont très sensibles.

Quels sont vos prochains chantiers en matière de QVT ?

Je pense que la QVT doit être une préoccupation permanente des dirigeants. Nous avons lancé une dynamique qui est aujourd’hui bien ancrée. Le prochain chantier est de faire participer d’avantage les employés à cette démarche.