RPS
Publié le 3 min

Les RPS en période de Covid-19 : Quel l’impact sur le travail ?

Le confinement a vu les risques psychosociaux (RPS) refaire surface. À tel point qu’ils sont devenus la 2e cause d’arrêts de travail, dépassant pour la première fois les troubles musculosquelettiques (TMS) dans la hiérarchie des motifs au mois de mai. Une question se pose donc aujourd’hui sur l’impact de ces premiers troubles sur les salariés, l’entreprise et le monde du travail en général.

Le boom des risques psychosociaux

L’épidémie de Covid-19 constitue une crise sanitaire majeure, sur le plan de la santé physique, mais aussi psychologique. Selon le dernier baromètre mensuel sur l’absentéisme de Malakoff Humanis, les troubles psychologiques représentent le deuxième motif d’arrêts de travail après le virus. Avec le retour récent en entreprise, quelles sont les conséquences à moyen terme pour ces salariés fragilisés ?

Philippe Rodet, psychologue et ancien médecin urgentiste affirme que « l’on voit des personnes sujettes à des signes dépressifs, alors que des signes avant-coureurs n’existaient pas auparavant ».

Pour sa part, Karen Pariente, psychologue et responsable des activités Care chez Stimulus, souligne l’augmentation d’appels de détresse émis aux numéros verts mis en place par son service dans les entreprises : « Nous avons constaté une augmentation des violences dans les foyers, des témoignages pour dépression, des angoisses, notamment lorsqu’il existe une fragilité dans la composition de l’entourage ou que l’on ait été confronté directement à la maladie. Sans compter la peur de revenir en entreprise pour beaucoup de salariés qui ne le souhaitent pas. »

Un retour en entreprise, générateur de stress et d’inquiétude

Toujours selon les baromètres mensuels absentéisme & Covid-19 de Malakoff Humanis, 60 % des salariés ont déclaré en juin appréhender leur retour en entreprise, notamment en ce qui concerne le port du masque et le respect des mesures santaires. D’ailleurs 28 % disaient qu’ils ne souhaitaient pas reprendre un rythme de travail ordinaire…

Dans une tribune publiée dans le journal Le Monde, intitulée « Au secours, mes salariés ne veulent plus revenir ! », le consultant Christian Robin alerte sur ce phénomène qui touche aussi bien les salariés que les chefs d’entreprise. Selon lui, « le dirigeant d’aujourd’hui doit donc se confronter à la triple angoisse de ses salariés : sanitaire, économique et existentielle. La réponse à l’angoisse sanitaire est de nature organisationnelle (…) prise en compte des salariés souffrants, aménagement des open spaces, circulation dans les locaux, rotation des équipes, nettoyage accru ».

Karen Pariente et Philippe Rodet sont d’accord : « le risque d’absentéisme est élevé ». Pour la responsable des activités Care, « cela est aussi dû à la durée inconnue de la crise ».

« Le pire est devant nous… Le mal-être des gens ne va qu’augmenter. Les précédentes crises nous avaient confirmé ce schéma classique d’après-crise : le pic dépressif accompagné de ses suicides est atteint trois à quatre ans après le début de la crise ». 

Suite à ce constat particulièrement inquiétant, que faire ?

Détecter, orienter et conseiller

Philippe Rodet défend la thèse des « bienveilleurs ». Ces salariés formés à détecter les signes avant-coureurs de dépression et ainsi les orienter vers les services concernés.

En somme, l’entreprise doit accompagner les salariés en amont. « Il ne faut pas non plus minimiser le structurel. Je pense qu’il faut également faire un mix avec 40 % de présence sur site et 60 % en télétravail. Mais surtout écouter et expliquer les mesures. Il faut parler et savoir être empathique », et de conclure : « Il faut consulter ! Aujourd’hui, la consultation psychologique est considérée comme une faiblesse. Mais ce n’est pas une faiblesse d’avoir un problème psychologique ».

C’est précisément la mission dont est chargée Karen Pariente. De nombreuses entreprises font appel à des structures externes spécialisées pour accompagner au mieux leurs salariés fragilisés.

La psychologue de Stimulus met donc en place des numéros verts, des permanences psychologiques en entreprise et s’occupe également des interventions de gestion de crise : « Aujourd’hui, nous faisons face à une augmentation conséquente des demandes d’initialisation de numéros verts. Leur utilisation est également en pleine croissance… »

Des solutions qui s’imbriquent entre elles, avec un point commun : l’écoute.

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