fragilité des salariés et Covid-19
Publié le 3 min

Covid-19 et salariés fragilisés, quel rôle pour les entreprises?

Considérés comme “personnes à risques”, les malades atteints d’Affection de Longue Durée sont avant tout des… salariés. Fragilisés par leur état de santé, ils font partie intégrante de l’entreprise et comme leurs collègues, ils sont de retour au travail. Oui, mais comment, dans quelles conditions et avec quel accompagnement ? Ces questions sont d’autant plus cruciales lorsqu’il s’agit de salariés qui ont été atteint par la Covid-19. Décryptage.

Tous fragilisés donc tous concernés

Si les salariés fragilisés étaient au départ une niche dans une nébuleuse salariale, une prise de conscience collective a bien lieu depuis l’arrivée du Covid-19. S’ils étaient une minorité, selon Anne-Sophie Tuszynski, CEO de Wecare at Work et fondatrice de l’organisme Cancer at Work, aujourd’hui, c’est l’intégralité des employés qui devient potentiellement vulnérables : « A la base, 30% des actifs sont fragilisés et 15% sont des malades chroniques ou des aidants. Cette prise en compte de la vulnérabilité ne concernait donc qu’une minorité d’employés. Aujourd’hui, 100% des salariés sont concernés par ces fragilités », analyse-t-elle.

Une fois cet état lieux dressé, il est nécessaire de s’assurer du bien-être de tous et notamment des salariés n’ayant jamais fait face à ce type d’angoisses. « Premièrement, il ne faut pas nier le sujet. Ensuite, il est important de s’assurer qu’il n’y a pas de détresse économique et sociale derrière tout cela. C’est la base de l’équilibre. Il ne faut pas minorer le besoin de sécurité dans ces cas-là », ajoute Anne-Sophie Tuszynski.

Accompagner dès le premier jour

Un retour en douceur ?

Certains, comme l’ancien médecin urgentiste, Philippe Rodet, prônent pour un retour progressif dans l’univers professionnel via l’envoi, en amont, de photos et de vidéos des aménagements opérés dans l’entreprise après la première vague de la pandémie. Si cela reste légalement complexe pour des personnes en arrêt maladie, l’idée est partagée par Fanny Passerel, responsable des recrutements pour le cabinet Needle Eyes. Toutefois, cette dernière est bien plus partisane de la technique du « nouvel arrivant » : « nous accompagnons le retour en entreprise d’une personne en rémission par exemple comme si c’était sa première journée », confie-t-elle.

Car il ne faut pas oublier qu’il y a eu une vraie rupture. « Même si cela fait 10 ans que la personne est dans l’entreprise, beaucoup de choses peuvent avoir changer à son retour. Elle peut perdre ses repères. Nous faisons donc, comme pour une période d’essai, un point à la première et dernière semaine du mois. Nous étudions ensemble ses missions, nous préparons son arrivée, mettons en place un parrainage et un petit déjeuner d’accueil. En période de Covid, pour les salariés fragilisés et les retours de « malades Covid », la mise en place de ce processus de retour en entreprise reste le même », déclare Fanny Passerel.

Écouter, communiquer et miser sur l’expérience

Pour nos deux expertes en Ressources Humaines, le constat est foncièrement le même :

« il faut écouter, encourager les collègues à s’entraider, prendre des nouvelles et ne pas hésiter à être transparent. Il est indispensable d’inclure tout le monde », disent-elles de concert, avant d’ajouter : « et il faut laisser place aux compétences et à l’expérience ».

Une force pour Anne-Sophie Tuszynski :

Chez Cancer at Work, nous sommes tous touchés de près par la maladie ou connaissons une personne atteinte. Ce rapport à la maladie nous empêche d’être sidéré par ce qu’il se passe. Nous avons et connaissons toujours des situations de crise dans nos vies. Nous avons donc l’expérience de la gestion de crise.

Anne-Sophie Tuszynski, CEO de Wecare at Work et fondatrice de l’organisme Cancer at Work,

Et les entreprises le remarquent. En effet, nombreuses font appel à Anne-Sophie Tuszynski et son équipe pour partager leurs expériences et les aider à mieux gérer la crise.

« Les entreprises font appel à nous pour les accompagner dans le retour des salariés et dans la gestion de cette crise. Nous avons donc mis en place des modules d’e-learning, des programmes d’accompagnement par étape, notamment celui de rassembler les salariés autour d’un projet commun, des webinars, ateliers, etc. Même si nous avions l’habitude de réaliser ces programmes en présentiel, nous nous sommes rapidement adaptés et les réalisons dorénavant en ligne », annonce avec fierté la CEO.

Et si finalement, les salariés fragilisés étaient ceux qui nous accompagnaient dans cette crise et à notre retour en entreprise ?

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