Comment les entreprises s'adaptent-elles au coronavirus ?
Publié le 3 min

Coronavirus : comment protéger les salariés et l’entreprise ?

Pour faire face à la pandémie, grands groupes et PME doivent prendre un certain nombre de précautions et de mesures. Tour d’horizon.

Apparu début décembre 2019 à Wuhan, une ville de 11 millions d’habitants située au centre de la Chine, le Covid-19, une nouvelle forme de coronavirus – un syndrome respiratoire aigu dont le SRAS fait partie – s’est rapidement propagé à l’étranger. Actuellement, 83 pays sont touchés, 95315 individus ont été infectés et 3284 d’entre eux sont morts, principalement en Chine. En France, on compte actuellement 1 191 cas confirmés pour 21 décès.

Un coup dur pour l’économie mondiale qui risque de perdre 2,4 points de croissance cette année selon les prévisions de l’OCDE. Et une situation qui contraint les entreprises à réagir pour s’adapter à la pandémie. En effet, conformément aux dispositions de l’article L. 4121-1 du code du travail, l’employeur est responsable de la santé et de la sécurité de ses salariés. Dès lors, quelles sont les bonnes pratiques à adopter en entreprise ?

Limiter les contacts physiques

Le Covid-19 se transmet par les postillons de salive expulsés dans l’air lorsqu’une personne tousse ou éternue. Il faut donc éviter les contacts interpersonnels rapprochés et prolongés pour limiter les risques de contamination. En entreprise, cela signifie que les poignées de main et les bises sont déconseillées et qu’il est préférable que les individus travaillent à une distance de un mètre les uns des autres, selon les recommandations de l’OMS. Il convient également de limiter les déplacements professionnels.

Selon l’Inserm, le virus ne survit que très peu de temps à l’air libre. L’OMS indique cependant qu’il est possible d’être infecté si on se touche le nez, la bouche ou les yeux après avoir été en contact avec un objet qui a été manipulé par une personne déjà malade.

Hygiène et dépistage

Il est donc très important que les employés se lavent régulièrement les mains avec une solution hydroalcoolique ou du savon.

Deuxième mesure essentielle, la prise de température des personnels, avec un thermomètre électronique, au moins deux fois dans la journée. Les premiers symptômes de la maladie se caractérisent en effet par de la fièvre, ainsi que des quintes de toux, des difficultés à respirer et de la fatigue.

En Haute-Vienne, la PME EuroPLV a ainsi été l’une des premières entreprises à systématiser, dès février, la prise de température pour tous ses employés et pour tous ses visiteurs.

L’OMS précise que la période d’incubation varie entre 1 et 14 jours, avec une moyenne constatée de 5 jours. Il faut donc rester vigilant pendant ce délai.

Mise en quarantaine

Si un employé présente les symptômes avérés de la maladie, son employeur doit consulter le 15 ainsi que le médecin de l’Agence Régionale de Santé, en application du décret n° 2020-73 du 31 janvier 2020. Celui-ci pourra alors décider une mise en quarantaine pendant 14 jours. C’est également valable pour les employés rentrant de régions à risque.

Ainsi, le 25 janvier dernier, 15 salariés de PSA travaillant à Wuhan ont été rapatriés et placés en quarantaine à Carry-le-Rouet afin de s’assurer qu’ils n’étaient pas infectés.

Si la personne est effectivement malade, elle bénéficiera d’un arrêt maladie.

Privilégier le télétravail

La meilleure solution de protection reste le travail à distance. En France, la réforme du code du travail a permis d’assouplir la mise en application de celui-ci, comme lors des mouvements sociaux de décembre 2019.

Par ailleurs, les ordonnances Macron prévoient, dans l’article L 1222-11 du Code du travail, qu’en cas de circonstances exceptionnelles, notamment de menace d’épidémie, le  télétravail peut être décidé par l’employeur et considéré comme un aménagement du poste de travail. L’employeur peut également décaler les congés des salariés.

En Italie, Generali, premier assureur du pays,  pousse ses salariés de Trieste, Milan et Mogliano Veneto à télétravailler « de façon illimitée », notamment en payant leur abonnement internet. Une mesure de protection qui concerne 4 000 personnes. Même son de cloche chez Twitter et Google.

Quelles sont les prises en charges existantes ?

Selon le décret du 31 janvier 2020, le salarié peut bénéficier d’indemnités journalières de sécurité sociale, avec zéro jour de carence pendant 20 jours maximum. Selon l’article R. 5122-1 du code du travail, les entreprises rencontrant une baisse d’activité peuvent faire, dans le cadre de circonstances à caractère exceptionnel, une demande d’activité partielle. Le contrat de travail des salariés est alors suspendu, sans être rompu, et ils sont rémunérés grâce à une allocation spécifique correspondant à 70% de leur salaire, versée par l’État

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