héros en entreprise
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Comment faire des collaborateurs les héros de l’entreprise ?

Dans le cadre de la 5e édition du congrès Entreprise du Futur qui a eu lieu à Lyon, les 22 et 23 janvier dernier, Malakoff Humanis a animé une Master class sur l’engagement des collaborateurs. En résonance avec la thématique du congrès « H.E.R.O : Humain, Engagé(e), Révolutionnaire et Orchestrateur » Anne-Sophie Godon, directrice Innovation et Julia de Funes, philosophe et essayiste, ont échangé sur le thème « Comment faire de nos collaborateurs les Héros de notre entreprise ? ». Retour sur cet évènement.

La philosophe Julia de Funès, guest-star d’Entreprise du Futur était le Grand Témoin de la master class organisée à l’initiative de Malakoff Humanis. A travers un dialogue avec la salle évoquant les injonctions contradictoires du management moderne, l’intervention de Julia de Funès a permis de tracer un cap, une vision, permettant aux participants de mieux comprendre le paysage actuel du monde de l’entreprise, ce qui est susceptible de leur permettre de mieux  naviguer entre les écueils managériaux. En affichant une raison d’être, la philosophie offre aux collaborateurs un cadre qui leur permet d’y voir plus clair entre toutes ces injonctions contradictoires

Un constat positif d’abord : en 2019, 73 % des salariés se disent satisfaits de leur qualité de vie au travail ; tandis que 60 % déclarent se sentir mieux au travail qu’il y a dix ans. Côté ombre, les sondages illustrent aussi un malaise des salariés : le développement du présentéisme, l’explosion des nouvelles maladies professionnelles, la difficulté à fidéliser les employés…
Pour commencer, avec l’aide d’un dessinateur, quatre portraits sont identifiés par les participants comme  héros en entreprise : le responsable de famille ; le salarié aidant ;  le salarié senior et le manager de proximité.

Un monde du travail en quête de sens

La conversation s’est d’abord attaquée au constat : notre rapport au travail a fortement évolué…On a en effet changé de paradigme dans les entreprises. Hier, on valorisait les individus qui accomplissent des exploits. Aujourd’hui, c’est le collectif qui prime.
Pour la philosophe, le terme de héros, thème de cette 5ème édition d’Entreprise du Futur n’est pas vraiment approprié au monde de l’entreprise, car trop ambitieux.
Julia de Funès rappelle que le héros, selon sa racine grecque, signifie demi-dieu. Il a de facto un sens un peu trop fort.
Plutôt que de héros, l’entreprise doit s’appuyer sur des hommes d’action, des hommes qui ont la capacité à entreprendre et à embarquer les autres.
Or, injonction contradictoire due au management moderne, cette capacité individuelle à agir n’est pas assez favorisée du fait de la survalorisation du collectif érigé en totem. Il s’agit donc de trouver un équilibre entre le collectif et l’individuel.
Mais comment ?

Pour ce faire, deux conditions doivent être mises en place :  ce « collectif » doit être sous-tendu par des individualités qu’il ne s’agit pas d’étouffer ; mais aussi par la « bienveillance ».Encore faut-il savoir ce que recouvre ce dernier terme de « bienveillance » : pour Julia de Funès, ce mot à la mode a été dévalué en « complaisance » ;  alors qu’en réalité, il devrait supposer la confrontation des points de vue.

Il ne faut pas confondre la confrontation et le conflit et chercher avoir raison sur l’autre. L’idée vraie dépasse les contradictions…

Autre danger à éviter : lorsque le management mise sur l’intelligence collective, il ne doit pas tomber dans l’écueil de la déresponsabilisation.

On a besoin dans l’entreprise  de bons leaders qui considèrent leurs collaborateurs, non pas comme des exécutants,  mais comme des individus capable d’être autonomes, de décider par eux-mêmes.
Autre piste mise en avant lors de cette master class : la prise en compte de l’intuition. Or, ladite intuition est étouffée par des procédures. Elle est irrationnelle et donc fait peur.
Pour que les « héros de l’entreprise » puissent s’ébrouer, il faut leur laisser une part de subjectivité qui est source de performance.

Dans les entreprises en effet,  le manque d’engagement des collaborateurs est souvent dû à  leur manque d’autonomie. Hier, le projet collectif suffisait de rassembler et à motiver. Ce n’est plus le cas aujourd’hui.
Les managers ont des difficultés à être à l’écoute des aspirations individuelles entre le senior qui est à deux ans de la retraite et qui va se donner à fond dans son travail ; et le « millennials » qui ne rêve, lui, que de faire le tour du monde.

Comment faire concorder individualité et projet collectif ?



Rendre de l’autonomie


Redonner du sens passe par rendre de  l’autonomie aux collaborateurs. Ceux qui innovent n’ont pas envie de pointer…

Développer l’authenticité

Pour Julia de Funès, l’authenticité est à l’origine d’épanouissement. Il faut apprendre le plus tôt possible à être soi-même. C’est un levier pour créer plus de bien-être en entreprise et donc plus de performance.

Le besoin de reconnaissance

Encore faut-il laisser agir les collaborateurs. Ces derniers peuvent manquer de reconnaissance car ils ne sont pas dans une capacité d’agir…

Retrouver du sens

Avant l’entreprise était une finalité en soi … Si elle continue à l’être, elle perd son sens ; il faut qu’elle se considère comme un moyen pour retrouver du sens.

En entreprise, les collaborateurs qui  marquent sont ceux qui n’affichent pas de postures, mais qui sont authentiques dans leur être, leur façon d’être…La démarche philosophique de Julia de Funès a permis de revenir à l’essentiel : l’humain d’abord…


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