Charlotte Dereux, directrice générale de Patine
Publié le 3 min

« Avoir le Covid a renforcé mon engagement en matière de santé au travail ! »

Charlotte Dereux, qui a fondé Patine en 2017, une entreprise dans le prêt-à-porter, a été victime du Covid en septembre dernier.  Elle nous raconte comment cet épisode inattendu dans une année déjà bouleversée par la crise sanitaire, lui a permis d’améliorer l’organisation du travail dans son entreprise et de renforcer ses convictions en faveur de la santé au travail.

Patine est une marque de mode responsable en ligne, qui a bientôt quatre ans d’existence et depuis deux ans, je suis seule à sa tête, à la suite du départ de mon associé. Je suis donc à la fois directrice artistique, gérante, manager, DRH etc. Depuis un an, malgré la crise sanitaire, nos effectifs sont passés de deux à sept collaborateurs bientôt 8 avec l’arrivée prochaine d’une directrice financière, pour m’épauler dans la gestion et le développement de l’entreprise.   

J’ai attrapé le Covid en septembre 2020, au moment de la reprise de l’activité. A peine remise du confinement du printemps 2020, j’ai dû me confiner à nouveau avec mes trois jeunes enfants, et m’occuper d’eux. Il a donc fallu s’organiser rapidement. J’ai été K.O quelques jours, mon mari a donc pris le relais avec les enfants et j’ai dû laisser mon équipe gérer les urgences à distance.

Une organisation qu’il a fallu revoir dans l’urgence

Nous avons donc repris nos habitudes du printemps 2020, et sommes passées en full télétravail. La première difficulté a été de pouvoir continuer à motiver à distance et à encadrer les profils les plus juniors de mon équipe. Et puis notre activité se prête mal au télétravail.

Entreprise de mode, on doit recevoir des échantillons, faire des essayages, voir les matières, concevoir des moodboard. Je me suis fait livrer les échantillons chez moi et nous avons construit des boucles sur WhatsApp. On a adapté les process au distanciel, mais malgré tout, on a accusé du retard dans notre organisation.

La première difficulté a été de pouvoir continuer à motiver à distance et à encadrer les profils les plus juniors de mon équipe.

Il n’y a pas d’incidences business à proprement parler, grâce notamment à notre agilité et à notre connaissance déjà forte du digital. Lorsque je suis tombée malade, nous étions en plein lancement d’un nouveau jean. Nous avons réussi via les précommandes et en jouant sur la coordination de la production, à préserver l’activité et ce lancement. Mais une chose est sûre, il ne faut pas que ce type d’épisode soit continu ou se reproduise trop souvent.

Et puis, nous avions l’expérience du confinement total du printemps qui nous a appris à être plus positifs et bien plus agiles.

La nouvelle de ma contamination a certes généré du stress pour les membres de l’équipe. Mais très rapidement, celui-ci s’est renversé en empathie, empreinte de calme et de bienveillance. La solidarité a été quasi-immédiate. J’ai eu beaucoup de chance de ce côté-là.

Mes leçons du covid : un management plus collaboratif et une santé au travail plus que jamais au centre des priorités

La santé au travail était déjà une  priorité absolue à mes yeux. Mais cet épisode a renforcé mon engagement.  En tant que chef d’entreprise, je me suis sentie investie d’une mission. J’ai à cœur de promouvoir les gestes barrières et de développer une forme d’écoute plus fine au bien-être de mes collaborateurs.

La santé au travail n’est pas qu’un sujet pour les grands groupes. C’est une volonté de bien faire au quotidien et un devoir d’exemplarité de chaque patron.

L’épreuve du Covid a également décuplé mon envie d’accélérer la structuration de mon activité, de sorte à être moins perméable aux crises.

En matière d’organisation du travail, ma maladie et surtout la crise en général nous ont permis de travailler à une meilleure gestion des outils de partage, pour que les informations circulent mieux. Nous avons aussi revu la répartition des responsabilités et des objectifs pour aller vers plus d’autonomie et d’efficacité. Fini le flou sur qui fait quoi !

De façon durable, cette période m’a permis de déléguer davantage 

Un des vrais bons côtés de la crise est qu’elle a agi comme accélérateur pour déléguer d’avantage et de façon durable. Désormais, je peux vous dire que j’ai trois stagiaires qui sont hyper responsabilisés et responsables. J’ai aussi fait en sorte que les conditions de télétravail de ceux qui vivaient dans des logements exigus ou loin de leurs familles soient, dans la mesure du possible, améliorées.

Au final avoir été en quelque sorte au pied du mur, m’a été profitable. Et j’essaie de me souvenir que nous ne sommes pas face à des situations normales et que tout ça va passer. Il faut trouver des solutions et se dire qu’on n’est pas obligé de tout révolutionner pour continuer à avancer.

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